Formation en cascade sur les Techniques de plaidoyer et de négociation

Dans le cadre du projet « Appui aux initiatives des jeunes acteurs-climat pour promouvoir les plans et politiques climatiques nationaux », une formation en cascade a réuni 61 jeunes activistes issus des provinces de Bujumbura, Gitega et Ngozi. Elle s’est déroulée les 14 et 15 mars 2025 au King’s Conference Centre de Bujumbura. Pendant deux jours intenses, ces défenseurs de l’environnement ont exploré les techniques de négociation politique, de plaidoyer, de sensibilisation et les théories du changement, avec un objectif clair : acquérir les outils nécessaires pour influencer les politiques climatiques du pays et promouvoir des initiatives vertes innovantes, ancrées dans le contexte local.

Sous la houlette de Fabrice Nimubona et Epipode Bigirimana, deux formateurs expérimentés, la première journée a plongé les participants dans un apprentissage structuré et pratique. Le programme a débuté par une immersion dans les étapes de la négociation politique, un processus complexe mais essentiel pour faire avancer des propositions climatiques et évaluer les accords proposés. « Aucun sujet ne peut être débattu s’il ne figure pas à l’ordre du jour », a insisté Fabrice Nimubona, avant d’expliquer comment analyser les politiques existantes, formuler des propositions claires (objectif : que vise-t-on ? ; portée : où s’applique-t-elle ? ; cible : qui est concerné et comment ? ; obligations : qui fait quoi ? ; chronologie : dans quel délai ?) et cartographier les parties prenantes selon leur impact, position et pouvoir de négociation.​

Pour illustrer, un exemple concret a été présenté : « Faire approuver par le conseil municipal de Bujumbura un plan visant à réduire la prolifération des déchets plastiques dans les rues en installant des poubelles dans plusieurs endroits de la municipalité de Bujumbura ». Un objectif mesurable a été proposé, en adéquation avec la politique de la Mairie de Bujumbura « zéro déchet plastique » : « réduction de 70 % des déchets plastiques dans les rues de Bujumbura d’ici fin 2026 ». Différents scénarios ont été simulés : une réduction totale (impact fort sur les opérateurs mais bénéfique pour l’environnement), une baisse limitée de 10 % (peu efficace), ou une réduction de 80 % avec des incitations financières pour équilibrer les intérêts. Ces simulations ont permis aux participants de tester des stratégies de négociation, comme proposer des concessions ou ajuster leurs demandes pour parvenir à un accord.​

Les participants ont ensuite cartographié les parties prenantes impliquées dans une telle politique : le conseil municipal, les industries de boissons gazeuses et d’eau minérale, les consommateurs et les associations environnementales. Chaque groupe a été analysé selon son impact (avantagé ou lésé par la proposition), sa position (pour, contre ou neutre), son pouvoir de négociation (financier, politique ou juridique) et son option minimale acceptable.

La sensibilisation et les théories du changement ont clos cette première journée. Les formateurs ont présenté le changement comportemental comme un processus en trois étapes : connaissances (informer), attitudes (inspirer) et pratiques (agir). Des discussions en plénière ont permis d’appliquer ces concepts à des campagnes locales, comme sensibiliser les communautés aux méfaits des déchets plastiques pour leur santé et l’environnement.

Le deuxième jour s’est concentré sur le mentorat et les initiatives vertes. Après un récapitulatif des acquis, les participants ont présenté leurs projets climatiques. Un exercice pratique a consisté à cartographier les parties prenantes d’une politique fictive, impliquant un conseil local, une usine de production de boissons gazeuses et d’eau minérale, les vendeurs, les consommateurs et les associations environnementales. Trois projets ont été sélectionnés par un jury pour un accompagnement futur, illustrant le potentiel d’innovation de cette jeunesse.

Alignée sur les priorités climatiques nationales, cette formation a dépassé les attentes. Les jeunes ont acquis des compétences en plaidoyer et négociation, tandis que leurs projets ont révélé des solutions locales prometteuses. L’activité a confirmé l’engagement de l’UNICEF, à travers ses partenaires dont ISHAKA 2250, à soutenir une jeunesse burundaise prête à agir. Alors que les défis climatiques s’intensifient, sécheresses, inondations, érosion des sols  des initiatives comme celle-ci rappellent que les solutions passent par l’implication des nouvelles générations. Ces activistes pourraient bien être les artisans d’un Burundi plus vert et résilient.​

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