Le lac Tanganyika, l’un des plus grands et plus profonds réservoirs d’eau douce du monde, s’étend majestueusement sur plusieurs centaines de kilomètres (près de 677 kilomètres), bordant le Burundi, la Tanzanie, la Zambie et la République démocratique du Congo. C’est un véritable trésor écologique, abritant une biodiversité unique au monde et servant de ressource vitale pour des millions de personnes.
Pourtant, selon l’endroit où l’on se trouve, le Tanganyika raconte deux histoires bien différentes: d’un côté, la splendeur naturelle de Rumonge et Nyanza-Lac ; de l’autre, la pollution galopante à Bujumbura.
Lors d’un récent team building que le staff de l’organisation ISHAKA 2250 a effectué dans la province de Rumonge, nous avons été émerveillés par la pureté des eaux cristallines du Lac Tanganyika, propices à la baignade et à la détente.
Pourtant, à quelques kilomètres de là, dans la capitale économique Bujumbura, c’est un tout autre décor qui s’impose : pollution, déchets flottants et une eau dont la couleur a changé.
Rumonge : une oasis de pureté
À notre arrivée à Rumonge, la première impression est saisissante, le lac s’étale à perte de vue, d’un bleu éclatant, reflétant la lumière du soleil dans un spectacle fascinant.
Dès les premiers pas sur la plage, l’évidence s’impose : ici, le Tanganyika respire encore, aucune trace de pollution visible, pas de sacs plastiques flottant à la surface, pas un seul déchet en vue. Rapidement, l’appel de l’eau s’est fait sentir, nous nous sommes jetés dans le lac, surpris par la fraîcheur et la douceur de l’eau, qui nous enveloppait comme une caresse bienfaisante. Nager ici relevait du pur bonheur, une immersion dans un environnement encore préservé, Ce moment de pureté nous a fait prendre conscience de ce que le lac Tanganyika pouvait offrir lorsqu’il était respecté et protégé. C’était un rappel puissant de ce que la nature peut être lorsque l’Homme ne vient pas la souiller.
Contrairement à ce que nous avons l’habitude de voir dans la capitale économique Bujumbura, ici, le Tanganyika semblait intact, préservé.
Bujumbura, le cri d’alarme d’un lac en détresse
À Bujumbura, capitale économique du Burundi, l’urbanisation galopante et l’essor des activités industrielles ont un impact environnemental considérable, accentué par une gestion insuffisante des déchets car chaque jour, des tonnes de déchets, principalement des plastiques, finissent dans les eaux du lac Tanganyika, accompagnées d’eaux usées issues des ménages et des industries.
L’absence d’un système efficace de collecte et de traitement des déchets aggrave la situation. Dans de nombreux quartiers, les infrastructures adaptées font défaut, et les sociétés de ramassage peuvent mettre plusieurs jours à intervenir. Résultat : les habitants, à bout de patience, jettent leurs ordures dans les caniveaux ou les cours d’eau qui se jettent dans le lac. Lors des fortes pluies, le ruissellement entraîne une quantité massive de déchets et de polluants, transformant le Tanganyika en un réceptacle de substances toxiques, les eaux, autrefois limpides, prennent désormais une teinte brune inquiétante.
La pollution affecte directement la biodiversité aquatique, mettant en péril les espèces endémiques du lac, dont certaines sont uniques au monde. Par ailleurs, de nombreuses familles riveraines utilisent l’eau du lac pour leurs besoins quotidiens, exposant ainsi la population à des maladies hydriques.
Face à cette urgence écologique, des initiatives comme des campagnes de sensibilisation et des opérations de nettoyage des rives tentent d’apporter des solutions et outre les actions de nettoyage, ISHAKA 2250 sensibilise les habitants à l’importance de protéger le Tanganyika, des campagnes éducatives sont menées dans les écoles au sein des clubs ODD pour apprendre aux jeunes générations à adopter des comportements responsables.
Mais ces efforts restent insuffisants sans une mobilisation accrue des autorités et des industries. La mise en place de politiques environnementales rigoureuses, associée à une meilleure gestion des déchets et à des actions éducatives à grande échelle, est essentielle pour préserver notre lac.